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Meunier en 1730

 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Le village de EPPES (02) Index du Forum -> EPPES -> Le village -> Incursions dans le passé par Jacques Chédaille
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Inscrit le: 18 Jan 2008
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MessagePosté le: Jeu 10 Avr - 09:49 (2008)    Sujet du message: Meunier en 1730

Nous sommes en juillet 1708, dans le petit village d’Aippes situé dans le Laonnois à deux lieues et demie (10 km) de la ville de Laon, bâti au pied d’un monticule sur la chaussée gauloise de Laon à Rethel, entre la forêt de Samoussy au nord, le bois de Lavergny au sud-ouest et celui de Mauregny à l’est.

A Laon, petite cité de 5000 habitants, résident les notables du clergé et les gens de robe, dignitaires et conseillers du bailliage du Vermandois et du Présidial.

Le bailliage est la circonscription administrative et judiciaire du bailli, agent du roi chargé des fonctions administratives et judiciaires. Le grand et prestigieux bailliage de Vermandois fut créé au XIIe siècle, par Philippe Auguste. C’est une juridiction gigantesque, dont les causes sont toujours appelées les premières au Parlement de Paris.

Très loin, à Paris, à des heures et des heures de cheval d’Aippes, règne depuis 1651, année de sa majorité, Louis XIV, le roi soleil, entouré de sa Cour. Chaque dimanche, pendant la messe, le curé de la paroisse demande aux fidèles de prier pour le Roi vieillissant, très occupé par la guerre de succession d’Espagne.

Aujourd’hui, Charles-David de PROISY, seigneur et baron d’Aippes et Amifontaine, lieutenant du roi dans la province d’Artois, se livre à son divertissement favori, la chasse sur ses terres, faisant piétiner, sans scrupule, par les chevaux de son escorte, les terres que les malheureux paysans du village s’efforcent de cultiver pour lui.

Un vent léger, venant du sud-ouest, s’engouffre dans les ailes du moulin à vent du village, dont le frou-frou régulier rassure les paysans occupés dans les terres du seigneur : il fonctionne et va bientôt recevoir le blé de la prochaine récolte.

Il fait chaud. Simon CHEDAILLE a, à son habitude, quitté sa chaumière vers six heures ce matin, la faux sur l’épaule, la pierre à affûter dans le coffin de ceinture, pour faucher l’avoine au champ de l’Etang, isolé au milieu des vignes. Il veut l’avoir fini avant la nuit. Les vignes alentour exigent encore beaucoup de soins avant les vendanges. Sa femme, Margueritte ne viendra pas lui apporter le casse-croûte ce midi. Hier soir, elle était très fatiguée à cause de sa grossesse. C’est André, le fils âgé de huit ans, qui doit venir.

Soudain, au loin, apparaît André, courant vers le champ de l’Etang. Curieux, le soleil n’est pas encore au-dessus de la tête de Simon. Ce n’est pas l’heure de l’arrêt casse-croûte. André ne porte pas de panier et agite les bras. Il arrive essoufflé à hauteur de son père et lui dit: " Papa, viens vite, maman a été prise de malaises et la voisine est venue l’assister. Elles disent qu’un bébé va naître ".

C’est ainsi que par une chaude journée de juillet 1708, le mardi 10, Jean-François CHEDAILLE fait son entrée dans le monde, à la surprise de son père et de ses dix frères et sœurs......

Jean-François devient un jeune homme. Lors d’un séjour saisonnier à Samoussy, village à une lieue au nord d’Aippes, de l’autre côté de la forêt, Jean-François retrouve Marie SENEZ qu’il avait connue lors du baptême de son neveu Antoine CHEDAILLE, à Monceau-le-Waast le 14 janvier 1721 : elle était la marraine d’Antoine, avait 17 ans, alors que Jean-François n’en avait que 13.

Elle est devenue une belle jeune femme, la Marie, et Jean-François est de plus en plus ému à chaque rencontre. Il a 22 ans, se sent devenir un homme et songe à fonder un foyer : la Marie est quatre ans plus vieille que lui mais qu’importe.


La date du mariage est fixée au mardi 23 mai 1730, dans la paroisse de Monceau-le-Waast, celle de la promise, selon la coutume.

Jean LALENNE, le beau-père de Jean-François, celui qui lui a appris le métier de meunier, a accepté d’être son premier témoin. L’autre témoin est André, son demi-frère aîné, de huit ans plus vieux que lui et avec qui il a grandi au moulin d’Aippes, né de Margueritte BRIDE, la deuxième épouse de son père. Les témoins de la mariée sont François, son frère et Gobert LOBJOIS, son beau-frère.


Après leur mariage, les jeunes mariés logent chez les parents de Marie, à Monceau-le-Waast, le temps de trouver un emploi permanent pour Jean-François qui souhaite mettre fin à ses activités saisonnières.

Maintenant que Jean-François a charge de famille, il lui faut trouver un travail qui la nourrisse correctement. Il ne veut pas retrouver les difficultés qu’a vécues son père Simon et dont il a gardé un très mauvais souvenir.....

Il a confiance en ses capacités de meunier et Marie l’encourage à se lancer dans l’aventure qui consisterait à exploiter en famille un moulin à vent.

Il apprend que le bail de celui de Montchâlons arrivera à terme le 30 avril 1733 et que le meunier en place, Jean CERVEAU, n’a pas l’intention d’en continuer l’exploitation : Jean vient de perdre son épouse, Margueritte LEDENT, âgée de 21 ans, et est complètement désespéré.

Les frères de Marie SENEZ, très superstitieux, ne sont pas favorables à l’installation de leur soeur au moulin ; ils pensent que le décès de la meunière en place est un signe du destin et que le diable hante ce moulin.

Jean-François et Marie en discutent longuement, puis décident de passer outre les craintes des frères SENEZ . Finalement, Jean-François présente sa candidature au propriétaire du moulin, maître Gaspard Hyacinte CAZE, seigneur de La Bove et Montchâlons qui charge son agent, le sieur Georges GUYOT, de mettre en place le bail avec ce postulant.

Le bail de neuf ans est signé le 17 avril 1733, chez Me Barenty notaire à Bruyères : Jean-François devra verser au propriétaire une redevance annuelle de deux cents Livres plus six chapons et six cuvées de sucre......



Si vous voulez connaître la suite de la vie de Jean-François, reportez-vous à la page Informations pratiques. Dans le fascicule 1, vous ferez connaissance avec les trois épouses successives de Jean-François et ses quatre enfants..

La publicité n'est pas encore inventée. Cependant, Jean- François n'a pas à chercher ses clients parce que le moulin, qu'il loue au seigneur, est un moulin banal. Tous les habitants de la seigneurie sont obligés de faire moudre leurs grains dans ce moulin. Ceux qui ne le font pas sont passibles d'une amende au profit du seigneur avec confiscation des grains, farines et bêtes de charge.

Vous y verrez comment la malchance s'acharne sur Jean-François dont la première épouse décède à 35 ans. Il se remarie, change de métier, devient vigneron à Parfondru.

Après son décès, ses enfants vendent ses biens aux enchères. Tout le village est présent et chacun emporte un souvenir acquis à peu de frais. Il ne reste plus grand'chose aux héritiers une fois les créanciers payés. La liste des objets vendus donne une idée très précise sur la façon de vivre et le niveau de pauvreté de ces gens du peuple exploités par l'autorité locale.
On comprend bien les raisons qui ont amené le peuple de France à faire la Révolution.

Source : "Incursion dans le passé avec Jacques Chedaille" : http://chedaille.pagesperso-orange.fr


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MessagePosté le: Jeu 10 Avr - 09:49 (2008)    Sujet du message: Publicité

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